Quand j'ouvre la porte de l'appartement, j'aperçois Julia assise sur le canapé. Aussitôt elle se tourne vers moi, le regard plein d'espoir. En voyant mes yeux et le noir qui a coulé, elle se lève et me prend dans ses bras. Je n'ai pas besoin de parler, elle comprend. Elle ne me pose même pas de questions, elle sait que j'en parlerai quand j'en aurais envie. J'enlève mon manteau et mon écharpe que j'accroche sur le porte-manteau de l'entrée. Julia m'attend sur le canapé, elle me regarde toujours. Je vois bien qu'elle attend que je lui raconte, que je lui explique. Des millions de questions lui brûlent la langue. Je la connais par c½ur. Je m'assois sur le fauteuil en face d'elle, et soupire. J'avale ma salive difficilement et me lance
.
Moi : Je suis trop jeune.
Julia semble surprise, limite choquée. Elle fronce les sourcils, elle n'est pas d'accord.
Julia : Non ? C'est pas vrai ! Tu danses comme une fille de 25 ans !
Moi : Pour Kamel je suis trop jeune.
Julia : Mais il ne reste pas un espoir ?
Moi : Je ne sais pas. Ils doivent appeler en fin de semaine au mieux
Julia : Il faut y croire. C'est ton rêve Emma !
Moi : Je sais.
Julia : Mais tu es contente de toi sinon ?
Moi : Je trouve que j'ai très bien dansé. Enfin je l'espère. En plus il y avait la troupe dans la salle.
Julia : Tu as vu Christophe ? Merwan ?
Moi : Oui oui. Et le beau Manu aussi !
Julia me regarde avec un sourire. J'aime ce sourire chez elle. Elle baisse les yeux et rougie un peu. Manu a toujours eu cet effet sur elle. Elle n'est pas fan, mais elle trouve qu'il a un charme fou, et des yeux à tomber par terre. J'éclate de rire.
Moi : Tu verrais ta tête !
Julia : Oh ca va hein ! Tu ne devais pas être mieux devant Christophe et Merwan ?
Moi : Je les ai vus de loin. Ils étaient au fond de la salle.
Julia : D'accord. Je veux que tu continues d'y croire !
Moi : J'attends la fin de la semaine !
Julia : Ce soir on bouge. Ca va te changer les idées !
Moi : On va où ?
Julia : Cinéma. Ca te dit ?
Moi : parfait !Je vais me préparée.
Je pars déjà dans la salle de bain. Je laisse couler l'eau de la douche sur mon dos et me détends. Dans ma tête, je ne peux pas m'empêcher d'espérer. J'ai peur d'échouer. Mais qui ne tente rien n'à rien. Je continue d'imaginer tout plein de scènes. Comment pourrais se passer ma vie pendant la tournée, mais aussi qu'est ce que je vais faire de ma vie si jamais je ne suis pas prise ... Je sors de la douche seulement quand Julia me rappelle à l'ordre. C'est elle qui paie l'eau me dit elle. Je l'entends souvent cette phrase. Elle exagère quand même, les parents nous aident à payer le loyer. Ma s½ur est infirmière sur Paris. Elle a décidé de quitter le sud, Nice plus précisément quand elle a obtenue son diplôme. Paris l'avait toujours fait rêver. Nos parents m'ont laissé la rejoindre quand ma mère a compris à quel point la danse tenait une place importante dans ma vie. Il fallait que je monte sur Paris pour avoir toutes les chances de mon côté pour pouvoir réaliser mon rêver d'être sur scène. Depuis, ils payent la moitié du loyer, et mes cours par correspondance. Je passe mon bac S en juin.
Une trentaine de minutes plus tard, Je sors enfin de la salle de bain.
On mange un bout, vite fait et Julia m'amène au cinéma. On arrive devant le cinéma alors que le film va bientôt commencer. On choisit le meilleur d'entre eux sans traîner et On rentre dans la salle au moment où le film commence.
•••
Une fois les 7 étages montés, j'ouvre la lourde porte de mon appartement. Je jette un rapide coup d'½il, rien n'a changé depuis ce matin. La tasse de café pleine est toujours sur la table. Hé oui j'étais encore en retard. Je franchis mon petit appartement et me laisse tomber de tout mon long sur le canapé. Je pose mes mains sur mon visage et me frotte les yeux. Ces auditions m'ont épuisé ! Je ne sais pas comment fait Kamel pour supporter ça ! En parlant de lui, je sors mon portable de ma poche et compose un nouveau message
« Choisis-la ! Elle est géniale cette gamine ! Tu sais que j'ai raison ! ».
Je choisis le nom de Kamel dans mon répertoire et j'envoie le message. Je l'ai prévenu que je le harcèlerai jusqu'à ce qu'il accepte de prendre Emma dans la troupe. Peu de temps après, la voix de Bob Marley résonne dans la pièce. Kamel a répondu.
« Tu fais chier ! J'ai dit on verra ! »
J'éclate de rire, seul dans mon appart'. Ca me motive un peu et je commence à ranger. Ce n'est pas très grand, mais vous ne pouvez pas imaginer à quel point on peut entasser des affaires. Je dois mettre de l'ordre pendant au moins une demi-heure quand Bob Marley se manifeste de nouveau. Je retourne près de la télé et prends mon téléphone. Sur l'écran, un prénom s'affiche. Un prénom qui me fait sourire à chaque fois : Nadège. Je décroche et reste plus d'une demi-heure au téléphone. On prend des nouvelles de tout le monde et le temps passe vite dans ces cas là. Je m'assois sur le canapé et soupire. Elle me manque. Ma famille me manque. Le sud me manque et ma vie là bas encore plus. Mais je sais que je vais bientôt y redescendre. Le mois de Mars arrive et nous seront en vacances. Réellement jusqu'en septembre ; date de la reprise au palais des sports. Mais dès avril, les répétitions, les interviews et les promotions reprendront. Je pourrais donc passer un mois entier dans le sud. D'un seul coup, j'ai une envie de bouger, de sortir, de voir mes potos. Je donne rendez vous à Merwan dans 20 minutes devant le ciné. Je prends mes clés, mon bonnet et mon manteau. J'enfile tout ça en descendant les escaliers et je monte dans ma voiture. Une fois devant le ciné, j'attends Merwan sur un banc de l'autre côté de la route. Pour une fois je suis en avance. Au loin, il me semble reconnaître la silhouette d'une jeune fille que je connais arriver en courant avec une autre jeune fille. Elle s'arrête un instant devant le cinéma. Je reconnais Emma mais j'hésite à l'appeler. Quand je me décide à me lever, elle a déjà disparu dans le ciné. Je reste debout, au milieu du trottoir quand une main se pause sur mon épaule.
Merwan : Tu as vu un fantôme ou quoi ?
Je secoue la tête de gauche à droite et regarde Merwan.
Moi : N'importe quoi !
Merwan : Tu verrais ta tête mec !
Moi : Allez on y va ! On va être en retard.
Merwan : Quel film ?
Moi : On s'en fout.
On rentre dans le cinéma et on choisit un film au hasard. La salle est déjà plongée dans le noir. Le générique commence juste au même moment. On s'assoit au hasard dans la salle, dans un coin pour éviter de se faire repérer et je me concentre sur le film.
Encore merci pour tous vos commentaires (L)
Suite rapidement je pense !